Le Monde sous marin
Tout à la pointe du Finistère “Penn Ar bed” se trouve un monde merveilleux et inconnu de beaucoup pour ne pas dire de tous. Ce monde accessible grâce au miracle de la plongée sous marine en scaphandre est une mosaïque de couleurs, un jardin de plantes et de fleurs aquatiques, une oasis de faune marine riche et varié, en deux mots : Un paradis.
La mer d’Iroise est un endroit unique et d’une richesse insoupçonnée. En plongeant sur les Failles des Rospects à l’est du phare St-Mathieu, sur des fonds de -15 m, vous découvrirez une forêt de
laminaire et vous vous introduirez en apesanteur dans ce monde merveilleux où sur chacune des roches, sous chacun des cailloux existent une vie animale et végétale abondante. De l’ormeau, en
passant par l’araignée de mer et son cousin le Tourteau,
vous croiserez ici un oursin melon de couleur mauve ou blanche, là encore un tapis d’anémones bijoux plus colorées qu’un feux d’artifice, de ce côté un poisson à bec jaune digne des plus belles
plongées coralliennes nichant dans un tapis de dahlias de mer multicolores, là encore le blennie, ami fidèle des plongeurs qui viendra avec une tendresse particulière mordiller le doigt de celui
qui l’aura repéré et enfin l’Octopus, la fameuse pieuvre cachée dans un recoin de roche changeant de robe face à vos yeux ébahis. Cette richesse animale et végétale, la mer d’Iroise en foisonne
tout au long de ses côtes. De Ouessant à l’île de Sein en passant par Audierne et Le Conquet, vous trouverez toujours un site de plongée, un club, un ami pour vous faire partager cette passion,
pour voir de l’autre coté du miroir.
En mer d’Iroise reposent à jamais des épaves englouties. Par sa géographie (le fameux raz de Sein, le passage du Fromveur à Ouessant), par la multitude de ses îles et écueils, par la force de ses
marées, de ces tempêtes et par les deux conflits mondiaux du XXè siècle, la mer d’Iroise fut l’un des endroits au monde le plus dangereux pour les navires de toutes sortes.
Du Drummond Castle (- 65 m) à Molène en 1849 qui fit 240 victimes à l’Amoco Cadiz (-25 m), plaie béante de notre histoire avec 220 000 t de pétrole déversées sur
les plages et dunes de la mer d’Iroise, près d’une centaine de navire de commerces et de guerres ont fait naufrage dans ces parages hostiles.
Ces «mémoires
englouties» comme nous appelons ces épaves, sont pour les yeux des plongeurs des «oasis de vie et d’histoire». Pas une épave qui n’héberge un banc de tacauds d’une densité parfois étonnante comme
sur l’épave du baliseur «Emile Allard» (-30m) coulé en 1943. Pas une épave qui n’abrite une colonie de congres plus gros les uns des autres dans les débris de la salle des machines ou des ponts
du navire. En quelques mois, un navire est colonisé par des tapisserie de corynactis ou de marguerites, par des roses de mer, par des tapis d’oeillets de mer, par de surprenantes ophiures ou par
de gracieuses comatules, avant d’être fleuri par des bouquets d’alcyons jaunes, rouges et de gorgones oranges et blanches.
Si demain votre soif de découverte et de sensations nouvelles, vous pousse à faire une immersion dans les eaux vertes de la Mer d’Iroise. Respectez là, prenez soin d’elle comme de vos enfants, la
beauté n’est pas du au hasard, il faut préserver notre patrimoine sous marin en éduquant les plus jeunes sur la richesse de ce dernier.
La découverte de ce jardin sous marin se fait avec modestie, c’est à ce prix que l’on appréciera toute la beauté de cet autre paysage breton.
Alain Flour